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AEEH 2026 : montant de base, 6 compléments et comment savoir lequel demander

AEEH 2026 : montant de base, 6 compléments et comment savoir lequel demander

En 2026, l’AEEH de base atteint 153,01 € par mois, mais le montant versé peut monter à 1 963,08 € pour un parent isolé selon la catégorie retenue. Dépenses, besoin d’aide humaine et réduction du temps de travail déterminent le niveau de complément accordé par la CDAPH.

AEEH : montant 2026 et rôle des compléments

L’allocation d’éducation de l’enfant handicapé, ou AEEH, compense une partie des frais et des contraintes liés au handicap d’un enfant de moins de 20 ans. Elle comprend un montant de base de 153,01 € par mois en 2026. Un complément peut s’y ajouter lorsque la situation entraîne des dépenses élevées, le recours à une aide humaine ou une réduction de l’activité professionnelle d’un parent.

L’AEEH et ses compléments sont versés chaque mois, généralement par la CAF ou la Mutualité sociale agricole. Le dossier est toutefois évalué par la maison départementale des personnes handicapées, la MDPH. La Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées, ou CDAPH, décide de l’attribution et, le cas échéant, de la catégorie du complément AEEH.

Les parents ne choisissent pas librement une catégorie. Ils décrivent leurs dépenses, leur organisation familiale et les besoins de leur enfant. La CDAPH classe ensuite la situation de la catégorie 1 à la catégorie 6.

Tableau des 6 catégories et montants de l’AEEH en 2026

Les montants ci-dessous correspondent au total mensuel composé de l’AEEH de base et du complément. Le montant du complément est obtenu en retirant les 153,01 € de base. Une décision peut retenir plusieurs critères combinés, notamment des heures d’aide et des dépenses supplémentaires.

Catégorie AEEH Complément mensuel Total avec l’AEEH de base Situation de référence Catégorie 1 114,76 € 267,77 € Au moins 267,77 € de dépenses mensuelles, sans embauche ni réduction d’activité Catégorie 2 310,81 € 463,82 € Au moins 463,82 € de dépenses, 8 heures d’aide par semaine ou activité limitée à 80 % Catégorie 3 439,91 € 592,92 € Au moins 592,92 € de dépenses, 20 heures d’aide par semaine ou activité limitée à 50 % Catégorie 4 681,71 € 834,72 € Au moins 834,72 € de dépenses, aide à temps plein ou impossibilité de travailler Catégorie 5 871,26 € 1 024,27 € Aide à temps plein ou impossibilité de travailler, avec au moins 342,55 € de dépenses supplémentaires Catégorie 6 1 298,44 € 1 451,45 € Aide à temps plein ou impossibilité de travailler, avec surveillance et soins permanents restant à la charge du parent

Les seuils ne résument pas toute l’évaluation. Par exemple, la catégorie 3 peut être accordée avec 8 heures d’aide hebdomadaires ou une activité limitée à 80 %, à condition de justifier au moins 282,11 € de dépenses mensuelles supplémentaires. La catégorie 4 peut aussi correspondre à 8 heures d’aide ou à une activité à 80 % avec 523,92 € de dépenses, ou à 20 heures d’aide ou une activité à 50 % avec 394,82 € de dépenses.

Comment estimer la catégorie AEEH à demander ?

Pour anticiper l’évaluation de la CDAPH, il faut examiner trois dimensions : les frais directement supportés par la famille, le volume d’aide humaine nécessaire et les conséquences du handicap sur l’activité professionnelle. L’objectif n’est pas de faire entrer artificiellement la situation dans une catégorie, mais de présenter un chiffrage fidèle et vérifiable.

1. Calculer les dépenses mensuelles liées au handicap

Recensez les frais non remboursés ou restant réellement à votre charge. Ils peuvent concerner le matériel adapté, des protections, des soins non pris en charge, des séances de rééducation, des déplacements médicaux, un régime alimentaire spécifique ou l’usure accrue de certains équipements. Pour repérer les aides qui se cumulent avec l’AEEH, le panorama des aides financières de Handicapé.es fait un tour d’horizon clair.

Transformez les dépenses annuelles en moyenne mensuelle. Un équipement de 1 200 € utilisé pendant deux ans représente ainsi 50 € par mois. Précisez la durée d’utilisation envisagée et joignez la facture ou le devis. Écartez les sommes déjà remboursées par l’Assurance maladie, la mutuelle ou un autre financeur afin de faire apparaître le reste à charge exact.

2. Mesurer le nombre d’heures d’aide nécessaires

Le temps d’aide ne se limite pas aux soins médicaux. Il peut inclure l’accompagnement aux rendez-vous, l’aide aux gestes ordinaires, la surveillance, les trajets vers un établissement spécialisé et la mise en œuvre quotidienne des rééducations prescrites. Tenez un relevé sur plusieurs semaines en distinguant l’aide assurée par un tiers rémunéré de celle assumée par les parents.

Les repères de 8 heures ou de 20 heures par semaine orientent respectivement vers certaines configurations des catégories 2, 3 ou 4. Une aide à temps plein intervient dans l’examen des catégories 4 à 6. La CDAPH apprécie toutefois la réalité globale des besoins et leur lien direct avec le handicap.

3. Documenter la réduction ou l’arrêt de l’activité professionnelle

Une activité ramenée à 80 %, à 50 % ou totalement interrompue doit être justifiée. Joignez un avenant au contrat de travail, des bulletins de salaire avant et après la réduction, une attestation de l’employeur ou tout document montrant la perte de revenus. Pour un travailleur indépendant, des déclarations de chiffre d’affaires, agendas professionnels et attestations comptables permettent d’établir la baisse d’activité.

La réduction doit résulter des besoins de l’enfant. Une diminution du temps de travail décidée pour un autre motif ne suffit pas. Expliquez concrètement les rendez-vous, horaires de prise en charge, périodes sans solution d’accueil et actes quotidiens qui empêchent de maintenir l’activité antérieure.

Exemples chiffrés de classement en complément AEEH

Exemple avec des dépenses sans réduction d’activité

Une famille supporte 310 € de frais mensuels justifiés : 120 € de séances non remboursées, 90 € de déplacements et 100 € de matériel adapté. Aucun parent ne réduit son activité et aucun salarié n’est embauché. Le seuil de 267,77 € associé à la catégorie 1 est franchi. Le total envisagé est alors de 267,77 € par mois, sous réserve de la décision de la CDAPH.

Exemple avec un passage à 80 %

Un parent réduit son activité à 80 % pour accompagner son enfant. Cette situation correspond à l’un des repères de la catégorie 2, dont le total atteint 463,82 € par mois. Si la famille vise la catégorie 3 sur la base de cette même réduction, elle doit également établir au moins 282,11 € de dépenses mensuelles supplémentaires.

Exemple avec un mi-temps et des dépenses

Un parent passe à 50 % et la famille conserve 430 € de frais mensuels à sa charge. Le mi-temps constitue un repère de catégorie 3. Les dépenses dépassent par ailleurs le seuil de 394,82 € prévu pour l’une des configurations de catégorie 4 avec une activité limitée à 50 %. Le dossier doit présenter ces deux éléments sans affirmer que la catégorie 4 est acquise : la CDAPH examine leur nature, leur durée et les besoins réels de l’enfant.

Exemple avec surveillance permanente

Un enfant nécessite une présence constante, y compris la nuit, avec des soins fréquents et des interventions immédiates en cas de crise. L’un des parents ne peut plus travailler et aucune prise en charge extérieure ne couvre l’ensemble de ces contraintes. La catégorie 6 peut alors être examinée. Elle porte le total mensuel à 1 451,45 € hors majoration pour parent isolé.

Majoration AEEH pour un parent isolé

Un parent assumant seul la charge de l’enfant peut recevoir une majoration lorsqu’un complément de catégorie 2 à 6 est accordé et que les conditions liées à l’aide humaine ou à la réduction d’activité sont remplies. Il ne s’agit pas d’une allocation autonome : la majoration s’ajoute au montant de base et au complément.

Catégorie Majoration parent isolé Total mensuel Catégorie 2 62,16 € 525,98 € Catégorie 3 86,07 € 678,99 € Catégorie 4 272,56 € 1 107,28 € Catégorie 5 349,05 € 1 373,32 € Catégorie 6 511,63 € 1 963,08 €

Le dossier doit signaler clairement la situation familiale. Une séparation récente, une résidence alternée ou une pension alimentaire justifie souvent de joindre des pièces complémentaires afin que la CAF et la MDPH disposent d’informations cohérentes.

Quelles sont les conditions d’attribution de l’AEEH ?

L’enfant doit avoir moins de 20 ans et résider de façon permanente en France. Son taux d’incapacité doit atteindre au moins 80 %. Un taux d’incapacité compris entre 50 % et moins de 80 % ouvre aussi droit à l’AEEH lorsque l’enfant bénéficie d’un établissement ou service médico-social, d’une scolarisation adaptée, ou de soins et rééducations préconisés par la CDAPH.

Les revenus professionnels de l’enfant ne doivent pas dépasser 55 % du Smic mensuel brut, soit 1 026,86 €. L’allocation n’est pas due lorsque l’enfant séjourne en internat et que ses frais de séjour sont intégralement pris en charge par l’Assurance maladie, l’État ou le département.

Pour contrôler les conditions actualisées, les formulaires et les règles de versement, consultez la fiche officielle. Le taux d’incapacité n’est pas établi par le médecin traitant seul : il est évalué par l’équipe pluridisciplinaire de la MDPH selon les conséquences du handicap dans la vie quotidienne.

AEEH et PCH : quel choix pour la famille ?

L’AEEH de base est cumulable avec l’ensemble des éléments de la prestation de compensation du handicap, la PCH. En revanche, lorsqu’une famille perçoit l’AEEH de base et un complément, le cumul avec la PCH est limité aux dépenses d’aménagement du logement ou du véhicule ainsi qu’aux surcoûts liés au transport.

Le complément AEEH repose sur une logique forfaitaire par catégorie. La PCH finance des besoins individualisés, notamment l’aide humaine, les aides techniques et certains aménagements, selon un plan de compensation. Le choix dépend donc du nombre d’heures d’aide, du tarif réellement supporté, des dépenses matérielles et de l’organisation familiale.

  • Privilégier l’étude du complément AEEH lorsque la réduction d’activité parentale et les frais réguliers correspondent clairement à une catégorie.
  • Étudier la PCH lorsque le besoin d’aide humaine est précisément quantifiable ou que les équipements et aménagements représentent une charge majeure.
  • Demander une comparaison à la MDPH avant d’exercer le droit d’option lorsque les deux solutions sont envisageables.

Préparer une demande AEEH solide auprès de la MDPH

La demande peut être effectuée en ligne avec le téléservice « Demande de prestations MDPH et renouvellement » si la MDPH du département le propose. Elle peut aussi être envoyée par courrier avec le formulaire de demande ou de renouvellement de prestations handicap. Les pièces sont transmises à la MDPH du lieu de résidence.

Le certificat médical doit décrire les limitations fonctionnelles, les soins, la fatigabilité, les troubles associés et les perspectives d’évolution. Le projet de vie complète cette approche médicale. Rédigez-le avec des faits : temps passé chaque jour, difficultés scolaires, absence de solution d’accueil, réveils nocturnes, rendez-vous hebdomadaires et retentissement sur la fratrie ou l’emploi.

Pour justifier les dépenses, réunissez des éléments datés et lisibles :

  • factures acquittées et devis récents ;
  • décomptes de l’Assurance maladie et de la complémentaire santé ;
  • tableau mensuel des frais et des remboursements ;
  • justificatifs de transport, de péage ou de stationnement ;
  • contrat et bulletins de salaire d’une aide rémunérée ;
  • attestation d’employeur et avenant relatif au temps partiel ;
  • planning des soins, rééducations et accompagnements scolaires ;
  • preuves de la fréquence de renouvellement du matériel.

Un tableau chiffré ne remplace pas le récit du quotidien. Associez chaque dépense, chaque heure d’aide et chaque réduction d’activité à un besoin précis de l’enfant.

Délais d’instruction et suivi de la décision

La CDAPH dispose d’un délai de 4 mois pour instruire la demande. Une absence de réponse au-delà de ce délai vaut décision implicite de rejet. Conservez une copie intégrale du dossier ainsi que la preuve de dépôt ou l’accusé de réception.

À la réception de la notification, vérifiez le taux d’incapacité retenu, la catégorie AEEH, la période d’attribution et la date d’effet. Si la décision ne reflète pas les dépenses ou la réduction d’activité documentées, relisez les voies et délais de recours indiqués sur la notification. Un recours argumenté doit s’appuyer sur les éléments insuffisamment pris en compte, accompagnés de justificatifs précis et, si nécessaire, de documents médicaux actualisés.

Audrey Picard

Audrey Picard

Audrey Picard est journaliste depuis huit ans, spécialisée dans les questions de périnatalité et de petite enfance. Elle a couvert des sujets allant du suivi de grossesse et de l’allaitement à l’éveil des tout-petits et aux étapes clés du développement de l’enfant de 0 à 6 ans. Son travail s’appuie sur une veille des recommandations scientifiques et des retours de terrain auprès de professionnels de la santé et de la petite enfance.

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